{"id":1480,"date":"2023-07-21T11:25:10","date_gmt":"2023-07-21T09:25:10","guid":{"rendered":"https:\/\/carnet-critique.com\/?p=1480"},"modified":"2024-04-13T05:35:01","modified_gmt":"2024-04-13T03:35:01","slug":"120-rue-de-la-gare-une-bande-dessinee-polar-de-jacques-tardi-sous-le-joug-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/2023\/07\/21\/120-rue-de-la-gare-une-bande-dessinee-polar-de-jacques-tardi-sous-le-joug-de-la-mort\/","title":{"rendered":"120 RUE DE LA GARE : une bande dessin\u00e9e polar de Jacques Tardi sous le joug de la mort"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Jacques Tardi <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u00a0est l\u2019auteur de nombreuses adaptations maletiennes dont <em>120 Rue de la gare<\/em>. <\/span><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Polar sur fond historique, transposition libre qui compte 190\u00a0 planches, Jacques Tardi d\u00e9marre l\u2019intrigue dans un stalag o\u00f9 Nestor Burma y est fait prisonnier et dans lequel sa rencontre avec un amn\u00e9sique, dit La Globule, immatricul\u00e9 60202, est le d\u00e9but d&rsquo;une enqu\u00eate autour du 120 rue de la gare. Rendu \u00e0 la gare de Perrache, \u00e0 Lyon o\u00f9 son train y a fait un arr\u00eat, Nestor Burma est t\u00e9moin de l\u2019assassinat de son ami Bob Colomer. Durant son investigation, Nestor Burma apprend que La Globule est en fait Georges Parry, dit Jo Tour Eiffel, pass\u00e9 pour mort et p\u00e8re d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Parmentier \u00e0 qui il a laiss\u00e9 une lettre pour r\u00e9cup\u00e9rer son h\u00e9ritage. Legs convoit\u00e9 par l\u2019avocat Julien Montbrison et ses deux complices Gustave Bonnet son larbin et Paul Carhaix dit Jalome qui ont tortur\u00e9 l\u2019amn\u00e9sique Jo Tour Eiffel pour le faire parler, un an plus t\u00f4t. Dans les derni\u00e8res planches, en allant chercher le magot, au 120 rue de la gare, \u00e0 Paris, l\u2019avocat Montbrison qui a connu Jo Tour Eiffel plusieurs ann\u00e9es auparavant alors qu\u2019il \u00e9tait secr\u00e9taire de son d\u00e9fenseur, blesse Gustave Bonnet avant que celui-ci ne se tue dans un accident de la route. L\u2019avocat Montbrison blesse aussi H\u00e9l\u00e8ne Parmentier, en fait H\u00e9l\u00e8ne Parry, fille de Georges Parry, dit Jo Tour Eiffel, cach\u00e9e derri\u00e8re le rideau. Somme toute, les doubles homicides de Paul Carhaix\/ Jalome et de Gustave Bonnet ainsi que l\u2019accident\u00a0 par balles d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Parmentier, dit H\u00e9l\u00e8ne Parry, dont l\u2019avocat \u00a0Montbrison est l\u2019auteur, constituent la trame graphico-narrative polici\u00e8re. Il y a\u00a0 trois espaces qui se juxtaposent, celui du stalag, ensuite celui de Lyon et enfin celui de Paris dans lesquels se d\u00e9roulent\u00a0 les faits.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Parfois occult\u00e9e, crainte ou sugg\u00e9r\u00e9e, la mort est un th\u00e8me r\u00e9current dans le genre policier notamment par la pr\u00e9sence des cadavres ou des d\u00e9pouilles. <\/span><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Du point de vue de la narrativisation graphique, l\u2019on d\u00e9couvre de nombreux homicides, des morts qui parcourent ici et l\u00e0 les sc\u00e8nes graphiques du <em>120 Rue de la gare<\/em>. En plus d\u2019\u00eatre sugg\u00e9r\u00e9e par le contexte historique du r\u00e9gime de Vichy, \u00e9voqu\u00e9e d\u00e8s les premi\u00e8res planches, la pr\u00e9sence de la mort r\u00e9sulte aussi des actes criminels de l\u2019avocat Montbrison. Comment la mort est-elle mise en exergue ? D\u2019un point de vue s\u00e9miotique, l\u2019on pourra se demander comment est-elle dessin\u00e9e ?\u00a0 Quelles sont ses postures, ses possibilit\u00e9s ? \u00a0Quelles sont ses fonctions dans l\u2019intrigue fictionnelle graphique ? Jacques Tardi adapte \u00a0dans un cadre historico-policier, le\u00a0 roman de L\u00e9o Malet qui propose \u00e0 son lecteur\u00a0 un univers o\u00f9 la criminalit\u00e9\u00a0 domine\u00a0 par une forte recrudescence de\u00a0 corps morts, ceux de \u00a0La Globule, de Bob Colomer, de \u00a0Paul Carhaix\/ Jalome et de Gustave Bonnet.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">De prime abord, la mort y est invit\u00e9e d\u00e8s les planches inaugurales associ\u00e9es d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019Histoire notamment le r\u00e9gime de Vichy qui mentionne la pr\u00e9sence des allemands sur le territoire fran\u00e7ais en contexte de guerre, illustr\u00e9e \u00a0par la pr\u00e9sence des camps d\u2019internement. La mort est donc \u00e0 mettre en liaison avec le contexte historique mais aussi avec l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re qui fait suite au d\u00e9c\u00e8s suspect de l\u2019amn\u00e9sique dit La \u00a0Globule,\u00a0 dans un stalag o\u00f9 Nestor Burma y est\u00a0 enferm\u00e9. Si elle est propice dans les\u00a0 camps n\u00e9anmoins,\u00a0 elle prolif\u00e8re dans le r\u00e9cit policier. \u00a0D\u2019abord, dans le stalag, ensuite \u00e0 Lyon, \u00e0 la gare\u00a0 de Perrache, sur le pont de la Sa\u00f4ne, enfin \u00e0 Paris, au 120 rue de la gare. <em>De facto<\/em>, la mort est pr\u00e9sente dans diff\u00e9rents endroits. Intrigue historico-polici\u00e8re, il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant de voir des morts ici et l\u00e0. Deuxi\u00e8me adaptation de l\u2019\u0153uvre \u00a0maletienne, Jacques Tardi met en sc\u00e8ne la mort graphique. Comment proc\u00e8de-t-il\u00a0? \u00a0Comment parvient-il \u00e0 le faire\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Nous choisissons d\u2019interroger l\u2019\u0153uvre de Jacques Tardi dont le th\u00e8me de la mort est assez manifeste. Il s\u2019agit notamment de la mort violente des personnages sous toutes ses formes diversifi\u00e9es et possibles, autant de duels face \u00e0 celle-ci notamment la visite de la Faucheuse inopin\u00e9e\u00a0 chez La Globule qui meurt des suites d\u2019une injection mortelle, de combat face un inconnu qui pi\u00e8ge et tente de jeter Nestor Burma\u00a0 dans la Sa\u00f4ne. De r\u00e9sumer, la mort est pr\u00e9sente\u00a0 dans le cadre des homicides et autres qui permettent d\u2019\u00e9liminer violemment, de punir les criminels pour assurer la victoire \u00e9thiquement du Bien contre le Mal. C\u2019est \u00e0 cette exploration des diverses modalit\u00e9s de mort des personnages, en fonction de leur statut narratif, que nous allons \u00e9tudier le r\u00e9cit graphique polar. Avant d\u2019aborder notre \u00e9tude, regardons ce qui est associ\u00e9 \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0mort\u00a0\u00bb. Sujet tabou et\u00a0 inconfortable, Vladimir Jank\u00e9l\u00e9vitch, dans <em>La Mort<\/em>, semble circonscrire la r\u00e9alit\u00e9 de la mort dans la conscience humaine :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><em>\u00ab\u00a0De quelque sujet qu&rsquo;on traite, en un sens on traite de la mort; parler de quoi que ce soit, par exemple de l&rsquo;esp\u00e9rance, c&rsquo;est obligatoirement parler de la mort; parler de la douleur, c&rsquo;est parler, sans la nommer, de la mort; philosopher sur le temps c&rsquo;est, par le biais de la temporalit\u00e9 et sans appeler la mort par son nom, philosopher sur la mort; m\u00e9diter sur l&rsquo;apparence, qui est m\u00e9lange d&rsquo;\u00eatre et de non-\u00eatre, c&rsquo;est implicitement m\u00e9diter sur la mort ( &#8230; ). La mort est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment r\u00e9siduel de tout probl\u00e8me &#8211; que ce soit le probl\u00e8me de la douleur, ou le probl\u00e8me de la maladie, ou le probl\u00e8me du temps, quand on se d\u00e9cide enfin \u00e0 appeler les choses par leur nom, sans circonlocutions ni euph\u00e9mismes\u00a0<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>\u00bb. <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">La mort est donc indissociable de la douleur, de la souffrance, de la maladie selon ce dernier. Michel de Montaigne n\u2019ajoute rien d\u2019autre : <em>\u00ab\u00a0Quant \u00e0 la mort, elle est in\u00e9vitable [\u2026] C\u2019est un sujet continuel de tourment, et qui ne se peut aucunement soulager\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><em><strong>[3]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em>. De prime abord, celle-ci \u00a0y est invit\u00e9e d\u00e8s les planches inaugurales de la bande dessin\u00e9e associ\u00e9es au stalag, lieu par essence mortel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Mourir dans un camp d\u2019internement : quand la mort frappe.<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Si L\u00e9o Malet divise son roman en deux parties, le d\u00e9coupage simple de la bande dessin\u00e9e semble proc\u00e9der autrement. La narration graphique d\u00e9bute dans un stalag, en Allemagne dont la s\u00e9quence se cl\u00f4ture jusque la planche 21 incluse. Ensuite, le r\u00e9cit se d\u00e9place \u00e0 Lyon en zone\u00a0 libre, jusqu\u2019\u00e0 la planche 109, enfin se poursuit jusqu\u2019\u00e0 la fin, en zone occup\u00e9e, \u00e0 Paris. Il y a donc trois intrigues qui se juxtaposent, celle du stalag, ensuite celle de Lyon et, enfin celle de Paris.\u00a0 Par ailleurs, il faut rappeler qu\u2019au d\u00e9but du <em>120, rue de la Gare<\/em>, que \u00a0Nestor Burma est intern\u00e9 au stalag, comme L\u00e9o Malet, qui rend hommage dans son roman aux\u00a0<em>\u00ab\u00a0camarades des chaudi\u00e8res du Stalag X\u00a0B\u00a0\u00bb<\/em>, de la m\u00eame fa\u00e7on que\u00a0 Jacques Tardi rend hommage \u00e0 son p\u00e8re prisonnier lui aussi, durant la guerre o\u00f9 il y a c\u00f4toy\u00e9 la faim et la mort. D\u00e8s les premi\u00e8res planches, la mort est sugg\u00e9r\u00e9e et pr\u00e9sente par les camps dessin\u00e9s qui \u00e9voquent par extension le g\u00e9nocide juif durant la seconde guerre mondiale. Guerre mentionn\u00e9e dans la biographie de L\u00e9o Malet. Pour rappel, le narrateur du<em> Dernier train <\/em>d\u2019Austerlitz, raconte : <em>\u00ab Fait prisonnier, je me morfondis de longs mois derri\u00e8re les barbel\u00e9s d\u2019un stalag, entre Br\u00eame et Hambourg, \u00e0 cet endroit du pays allemand appel\u00e9 les Marais du diable<\/em><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><em><strong>[4]<\/strong><\/em><\/a>\u00bb, peut-on lire. C\u2019est d\u2019ailleurs Nestor Burma qui d\u00e9crit ces mois de d\u00e9portation dans le premier chapitre de <em>120, rue de la Gare <\/em>: \u00ab Mon r\u00f4le consistait \u00e0 demander \u00e0 chacun de nos camarades arriv\u00e9s l\u2019avant-veille de France un wagon de renseignements, \u00e0 noircir avec cela une feuille volante qui, passant par les neuf \u00ab\u00a0<em>schreiber<\/em>\u00a0\u00bb de la table, aboutissait, en m\u00eame temps que son titulaire, \u00e0 la fiche finale sur laquelle le K.G.F. apposait l\u2019empreinte de son index <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>\u00bb. En camp d\u2019internement, le personnage Nestor Burma y enferm\u00e9 o\u00f9 il croise le personnage La Globule qui va mourir dans ses bras. \u00c9v\u00e8nement dessin\u00e9 dans les planches respectives 17 et 18. Voyons comment proc\u00e8de celui-ci pour y esquisser le corps malade de La Globule avant de mourir. En fait, les vignettes 2 \u00e0 6 de la planche\u00a0 17 d\u00e9taillent les\u00a0 derniers moments d\u2019agonie de la Globule avant sa mort. Ainsi, la mort se rencontre et n\u2019\u00e9pargne pas le personnage La Globule\u00a0dans cet internement un Vendredi, \u00ab\u00a0en Novembre 1941\u00a0\u00bb comme indiqu\u00e9 dans la vignette cadr\u00e9e 1 de la planche 17. De pr\u00e9ciser, dans les vignettes respectives 3 et 4 de ladite planche\u00a0: <em>\u00ab\u00a0\u00e7a s\u2019\u00e9tait\u00a0 pass\u00e9 un Vendredi soir, alors que j\u2019\u00e9tais de service\u00a0 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u2026 La Globule, terrass\u00e9 par<\/em><em> une vilaine fi\u00e8vre, oscillait entre la vie et la mort\u00a0 depuis une semaine entre\u00a0 la vie et la mort\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><em><strong>[6]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb. <\/em>Avant son dernier souffle, l\u2019amn\u00e9sique eut le temps de\u00a0 dire \u00e0 Nestor Burma\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dites \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne, 120 rue de la gare\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><em><strong>[7]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb <\/em>dans la vignette 5 de la planche 17. Les premiers signes de la mort apparaissent d\u00e8s la vignette 2 et se\u00a0 prolongent dans les vignettes\u00a0 3 \u00a0\u00e0 5 incluses de la planche 17. D\u2019abord,\u00a0 est-elle marqu\u00e9e sur le visage de la Globule dessin\u00e9e dans la vignette 3. Ce faisant, le dessinateur fait un usage du plan cadr\u00e9, assez rapproch\u00e9 de celui-ci, pour montrer les signes cliniques de la Faucheuse. Ce dernierest allong\u00e9 sur un lit, son visage cadr\u00e9 est transpirant, sa bouche grande ouverte\u00a0 se tord de douleur, corrobor\u00e9 par ses bras qu\u2019il serre sur la couverte, impuissant. Cette sc\u00e8ne dramatique d\u2019agonisant va crescendo dans les vignettes suivantes et, \u00a0est atteint son point de souffrance dans les derni\u00e8res vignettes de la m\u00eame \u00a0planche. La vignette 4, horizontale,\u00a0 serr\u00e9e est un \u00e9change court de la Globule qui interpelle Nestor Burma sur un ton exclamatif. Les deux derni\u00e8res\u00a0 vignettes cadr\u00e9es, en plans d\u2019ensemble toutes deux \u00e0 l\u2019identique, en champ-contrechamp sc\u00e9narisent ce dernier suspendu \u00e0 Nestor Burma qui l\u2019interpelle en ces termes : <em>\u00ab\u00a0Dites \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne, 120 rue de la gare\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><em><strong>[8]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb.<\/em> Les points d\u2019interrogations de Nestor Burma marquent la situation tragique de la sc\u00e8ne. Un gros plan serr\u00e9 insiste sur les regards respectifs, l\u2019expression de Nestor Burma dit son inqui\u00e9tude grandissante tandis que celui du malade, visage tir\u00e9 par la souffrance s\u2019\u00e9teint aussit\u00f4t. De poursuivre, \u00ab\u00a0le\u00a0\u00bb regard \u00ab\u00a0de la Globule\u00a0\u00bb <em>s\u2019\u00e9tait\u00a0 alors charg\u00e9 d\u2019une flamme plus vive. Sans r\u00e9pondre, il avait esquiss\u00e9 un signe affirmatif. Il \u00e9tait mort aussit\u00f4t apr\u00e8s<\/em><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>\u00a0\u00bb, peut-on-lire, dans la derni\u00e8re vignette. Ici, la mort arrive de fa\u00e7on soudaine, m\u00eame si le personnage \u00e9tait amn\u00e9sique, physiquement il avait l\u2019air de se porter bien. Nous apprendrons plus tard dans les planches 156 et 157 que la Globule avait succomb\u00e9 \u00e0 une piq\u00fbre mortelle inject\u00e9e par le docteur Hubert Dorci\u00e8res, employ\u00e9 de l\u2019avocat Montbrison. Outre cette sc\u00e8ne dramatique, Nestor Burma, fid\u00e8le \u00e0 son m\u00e9tier d\u2019enqu\u00eateur, n\u2019h\u00e9site pas r\u00e9colter d\u00e8s ce passage, les indices \u00e0 savoir, ses empreintes digitales qui occupent pratiquement les 4 vignettes de la planche 18 avant de r\u00e9cup\u00e9rer sa photo aupr\u00e8s du\u00a0 pr\u00eatre. En outre, la derni\u00e8re vignette, \u00e0 la fois panoramique et descriptive toujours sur fond de guerre est rappel\u00e9e par les motifs des barbel\u00e9s, la pr\u00e9sence du mirador situ\u00e9 au fond de l\u2019image tandis qu\u2019un officier, dehors, sous la pluie surveille le camp. Une mani\u00e8re de valoriser \u00a0une atmosph\u00e8re de menace et de mort\u00a0 dans ce stalag, entour\u00e9 de miradors et de barbel\u00e9s o\u00f9 la mort vient de frapper.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Entre torture et crime dans le r\u00e9cit graphique polar\u00a0: Bob Colomer et les autres personnages <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Nestor Burma\u00a0 est t\u00e9moin de la mort de son ami Bob Colomer. <em>De facto<\/em>, le premier homicide \u00e0 la gare Perrache de Lyon, en zone libre, non occup\u00e9e par les allemands, y est concomitant avec l\u2019arriv\u00e9e du train pris par l\u2019enqu\u00eateur Nestor Burma. Celui-ci y reconnait son vieil ami Bob Colomer<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> abattu sous ses yeux par une femme brune portant un imperm\u00e9able. Cet \u00e9pisode\u00a0 est relat\u00e9 dans la s\u00e9quence qui comprend les planches 23 \u00e0 27 incluse, un tournant dans le r\u00e9cit graphique qui ouvre l\u2019enqu\u00eate de celui-ci. \u00c0 l\u2019analyse de cette s\u00e9quence, qui comprend \u00a05 planches, Jacques Tardi sc\u00e9narise la \u00a0gare de Perrache \u00a0o\u00f9 a lieu\u00a0 l\u2019ex\u00e9cution\u00a0 de Bob Colomer. Pour ce faire, l\u2019emploi des vignettes verticales, l\u2019usage du rythme ternaire, les cadres panoramiques descriptifs\u00a0 permettent la description\u00a0 de l\u2019incident mortel. Nestor Burma\u00a0 essaie tant bien que mal de descendre du train mais il est trop tard. <em>De facto<\/em>, la vignette centrale \u00e0 la fois descriptive et panoramique montre celui-ci allong\u00e9 sur le sol, cribl\u00e9 de 5 balles. La vignette centrale serr\u00e9e \u00a03 de la planche 27, est une monstration lat\u00e9rale du corps positionn\u00e9 de Bob Colomer\u00a0 sur le sol perc\u00e9 de balles. Dans son \u0153uvre graphique, le dessinateur met en sc\u00e8ne la mort \u00e0 travers\u00a0 le crime des personnages ou tentative d\u2019homicide. Une autre s\u00e9quence lors de l\u2019enqu\u00eate n\u00e9cessite aussi d\u2019\u00eatre \u00e9voqu\u00e9e notamment celle de l\u2019agression de Nestor Burma qui pousse son agresseur dans l\u2019eau dont le fait a lieu \u00e0 Lyon. Ainsi, les\u00a0 planches 70 \u00e0 74 relatent cet \u00e9pisode de tentative d\u2019homicide de celui-ci. En effet, Marc Covet, son ami journaliste et Nestor Burma se rendent \u00e0 un rendez-vous anonyme sur le pont de la boucle, \u00e0 Lyon. Celui-ci se fait alors agress\u00e9 par un individu qui tombe dans l\u2019eau. On apprendra plus tard dans les planches 98 et 99 qu\u2019il s\u2019agissait en fait de Paul Carhaix, un employ\u00e9 de l\u2019agence de Lafalaise, averti par la secr\u00e9taire de l\u2019agence, Louise, et ancienne ma\u00eetresse de celui-ci afin de le dissuader de poursuivre son enqu\u00eate en tentant de le tuer. Un peu plus loin dans le r\u00e9cit graphique, en rentrant dans son agence Fiat lux,\u00a0 localis\u00e9e \u00e0 Paris, Nestor Burma d\u00e9couvre\u00a0 qu\u2019elle est occup\u00e9e frauduleusement par un individu qui fouillait les lieux, qui n\u2019\u00e9tait autre que B\u00e9bert Rambo, un co-d\u00e9tenu tout juste lib\u00e9r\u00e9 du \u00a0stalag \u00e0 qui il demande de l\u2019indiquer l\u2019adresse de la maison abandonn\u00e9e de la Fert\u00e9-Combettes. En effet, si la mort est pr\u00e9sente partout, elle est manifest\u00e9e \u00e0 travers cette s\u00e9quence dont les murs et le mobilier\u00a0 de la maisonnette transpirent celle-ci. Tous deux d\u00e9cident de se rendre \u00e0 Ch\u00e2teau-du-Loir o\u00f9 ils y d\u00e9couvrent une\u00a0 propri\u00e9t\u00e9\u00a0 qui a fait office de lieu de torture d\u2019apr\u00e8s les indices relev\u00e9s par Nestor Burma dans la planche 127. Pour cette s\u00e9quence, ils se rendent \u00e0 la Fert\u00e9-Combettes, un petit\u00a0 village \u00e9loign\u00e9 de Paris o\u00f9 ils y trouvent une maison abandonn\u00e9e. Cet espace est en fait le lieu de supplices \u00a0de la Globule, du nom de\u00a0 Georges Parry, dit Jo Tour Eiffel, soit disant mort. La planche 133 sc\u00e9narise l\u2019arriv\u00e9e des deux personnages dans le village de la Fert\u00e9 Combettes. La vignette 1 de la planche 134 montre B\u00e9bert\u00a0 qui casse de son pied droit la fen\u00eatre pour rentrer par effraction dans une pi\u00e8ce de\u00a0 la maisonnette caract\u00e9ris\u00e9e par une odeur de renferm\u00e9, de moisissure et d\u2019abandon. L\u2019auteur convoque dans un registre synesth\u00e9sique, diff\u00e9rents sens, l\u2019odorat, la vue qui semblent se m\u00e9langer, s\u2019entrechoquer, s\u2019enchev\u00eatrer pour signifier ou dire la mort. Pour cette intrusion ill\u00e9gale, le dessinateur fait un usage d\u2019un plan vertical serr\u00e9, d\u2019un champ-contrechamp, montrant \u00ab\u00a0la chemin\u00e9e de la pi\u00e8ce dans laquelle une biblioth\u00e8que recelait en son foyer, un amas de cendres et des grosses b\u00fbches \u00e0 demi calcin\u00e9es\u00a0<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>\u00bb qui \u00e9voque l\u2019enfer qu\u2019a endur\u00e9 Jo Tour Eiffel. Au centre de ladite planche, pr\u00e9cis\u00e9ment la derni\u00e8re vignette \u00a0\u00e0 la fois cadr\u00e9e et panoramique relate l\u2019abandon\u00a0 de \u00a0Jo Tour Eiffel dans la nature, pieds roussis. Toujours au centre de ladite \u00a0planche, deux demi-cercles incrust\u00e9s, en champ-contrechamp, illustrent le discours entre les deux personnages qui proc\u00e8de par analepse sur les tortures qu\u2019a subies Jo Tour Eiffel, un an plus t\u00f4t, soit le 21 Juin 1940. <em>\u00ab\u00a0Et c\u2019est le jour\u00a0 o\u00f9 vu pour la premi\u00e8re fois la Globule, tu m\u2019as dit qu\u2019il avait mal aux pieds\u00a0? Je\u00a0 te l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit cent fois\u00a0: le 21 Juin\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><em><strong>[12]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em>. La planche 135 se resserre pr\u00e9cis\u00e9ment sur l\u2019\u00e9v\u00e8nement subi par Jo Tour Eiffel. Ainsi, les vignettes 3 et 4, en plan d\u2019ensemble, au cadrage et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle vari\u00e9s dans le contexte d\u2019un champ-contrechamp se focalisent sur ledit fauteuil en osier localis\u00e9 face \u00e0 la chemin\u00e9e. <em>De facto<\/em>, le personnage examine le mobilier dans lequel Jo Tour Eiffel\u00a0 a \u00e9t\u00e9\u00a0 tortur\u00e9 par ses tortionnaires, <em>\u00ab\u00a0autour du meuble, de solides cordelettes\u00a0 jonchaient le sol<\/em><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>\u00a0\u00bb. Ainsi, ces indices relev\u00e9s par Nestor Burma valident notre propos. En effet, une \u00e9raflure du c\u00f4t\u00e9 droit du dossier du fauteuil\u00a0 a attir\u00e9 l\u2019\u0153il de Nestor Burma. Un extrait de verre qu\u2019il retire de ce fauteuil lui servira de preuve. Sortant de cette vielle maison,\u00a0\u00ab\u00a0ils \u00e9taient certains, qu\u2019une trag\u00e9die s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e dans ce lieu sinistre, alors qu\u2019alentour la guerre faisait rage<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00bb. Nous apprendrons plus tard, lors de l\u2019enqu\u00eate que son complice, Gustave Bonnet avec Jalome (Paul Carhaix) sont tous les deux pr\u00e9sents\u00a0 avec l\u2019avocat Julien Montbrison \u00e0\u00a0 la Fert\u00e9-Combettes pour torturer La Globule dit Jo Tour Eiffel afin de lui tirer des informations sur le magot vol\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Caract\u00e9ristique artistique du motif de la mort <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Les villes de Lyon ou de Paris sont sc\u00e9naris\u00e9es sous des aspects particuliers, voire sombres et funestes, ph\u00e9nom\u00e8nes sp\u00e9cifiques au genre policier. Le dessinateur privil\u00e9gie des espaces singuliers pour les \u00e9pisodes clefs de la narrativisation b\u00e9d\u00e9\u00efque. Sur fond noir et gris, la ville rev\u00eat un caract\u00e8re \u00e9trange ou myst\u00e9rieux. Nous retiendrons pour cette partie quelques remarques assez \u00e9loquentes, s\u2019agissant de l\u2019exploration translat\u00e9e de l\u2019espace urbain nocturne qui sugg\u00e8re le danger pr\u00e9sent ou la mort. En d\u00e9marrant d\u2019abord l\u2019intrigue \u00e0 Lyon, le b\u00e9d\u00e9iste fait le choix d\u2019une ville sombre, pluvieuse\u00a0 avec ses rues \u00e0 peines \u00e9clair\u00e9es labyrinthiques que l\u2019on retrouve dans les romans de L\u00e9o Malet.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Esth\u00e9tique du noir par ses rues ou ses arrondissements nocturnes, la bande dessin\u00e9e est \u00e0 l\u2019image de l\u2019enqu\u00eate tel un d\u00e9dale dans lequel les personnages s\u2019y perdent pour rencontrer la mort. Ainsi, que le formulent Audrey Bonnemaison et Daniel Fondan\u00e8che, la ville devient un espace d\u2019ancrage o\u00f9 toutes les violences s\u2019y concentrent ainsi que la mort, d\u2019ailleurs. Notamment, le pont de la boucle, \u00e0 Lyon, lors du rendez-vous anonyme nocturne donn\u00e9 \u00e0 Nestor Burma participe d\u2019une ambiance noire, propice \u00e0 la mort. Les personnages s\u2019approchent dans le brouillard, le soir tandis qu\u2019il fait froid. Dans la bande dessin\u00e9e, Jacques Tardi fait le choix de panoramiques, \u00e0 valeur descriptive, pour valoriser le cadre urbain nocturne pour amplifier l\u2019angoisse et la peur auxquelles y est\u00a0 associ\u00e9e la mort qui r\u00f4de. Ainsi, le lecteur d\u00e9couvre-t-il un quartier lyonnais nocturne dans les planches 70 \u00e0 74 lors de l\u2019altercation de Nestor Burma qui pousse son agresseur dans l\u2019eau avant \u00a0d\u2019y mourir noy\u00e9. Regardons maintenant la planche 72.\u00a0 Les deux premi\u00e8res vignettes cadr\u00e9es d\u2019ensemble sc\u00e9narisent l\u2019altercation de Marc Covet et de Nestor Burma avec un inconnu. Cette sc\u00e8ne se d\u00e9roule sur les abords du pont, un plan plus rapproch\u00e9 montre Nestor Burma et l\u2019inconnu qui se d\u00e9battent avant que celui-ci le renverse \u00e0 travers la barri\u00e8re du pont et tombe dans l\u2019eau. Action illustr\u00e9e dans la derni\u00e8re vignette serr\u00e9e et verticale de ladite planche. Le cadre urbain, la nuit sont donc\u00a0 propices aux actions criminelles. Ainsi\u00a0: \u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><em>\u00ab\u00a0Jacques Tardi nous offre une version brumeuse de Lyon dans le droit fil du Londres de La Marque Jaune. Le danger r\u00f4de dans la cit\u00e9 mais Burma \u00e9chappera au sort que l\u2019assassin lui destinait\u00a0: un plongeon\u00a0 dans le Rh\u00f4ne glacial ( guet-apens nocturne \u00e0 rapprocher\u00a0 de celui\u00a0 dans lequel tombe Blake \u00e0 Limehouse Dock)<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><strong>[15]<\/strong><\/a><\/em> \u00bb. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Donc, la \u00a0th\u00e9matique de la mort est importante dans l\u2019\u0153uvre graphique, les personnages meurent de mort violente.\u00a0 Ici, celle de l\u2019inconnu fait suite \u00e0 la l\u00e9gitime d\u00e9fense de l\u2019enqu\u00eateur. La nuit, cadre favorable au crime et \u00e0 la mort est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans le roman policier comme dans notre bande dessin\u00e9e\u00a0 d\u2019ailleurs. Qu\u2019en est-il\u00a0 de la nuit mortelle\u00a0 dans notre opus graphique\u00a0? La nuit sert de sc\u00e8ne aux s\u00e9quences mortelles. L\u2019apparition de la nuit est la circonstance \u00a0de la mort. Pour rappel, les personnages meurent souvent la nuit, La Globule\u00a0 meurt la nuit, \u00a0il en est de m\u00eame pour \u00a0le noy\u00e9 dans la Sa\u00f4ne que nous avons \u00e9voqu\u00e9 plus haut. La mort est bien pr\u00e9sente la nuit, sp\u00e9cificit\u00e9 du genre policier.\u00a0 C\u2019est encore dans le cadre nocturne que la mort s\u2019invite dans les cauchemars de Nestor Burma. Ainsi, d\u00e8s la planche 20, au sortir du\u00a0 stalag, celle-ci \u00e0 l\u2019identique d\u2019un motif narratif graphique fait-elle irruption dans ses r\u00eaves agit\u00e9s. De d\u00e9tailler, la vignette 1 de ladite planche \u00e0 la fois\u00a0 panoramique et\u00a0 cadr\u00e9e, localise en amorce de l\u2019image, un cercueil \u00e0 peine ferm\u00e9 dont les pieds\u00a0 roussis de La Globule sont observables. La derni\u00e8re vignette verticale toujours dans cette m\u00eame planche aussi cadr\u00e9e mais plus\u00a0 serr\u00e9e sc\u00e9narise B\u00e9bert localis\u00e9 derri\u00e8re Burma, criant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0 T\u2019as tout du flic Burma\u00a0\u00bb assomme Burma avec une grande croix en bois sur laquelle est inscrit, en majuscule\u00a0: \u00ab\u00a0LA GLOBULE\u00a0<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>\u00bb. Ainsi, la croix, le cercueil sont des symboles m\u00e9tonymiques de la mort qui scandent le r\u00e9cit graphique policier. Outre cette remarque, on retiendra la pr\u00e9sence des \u00a0morts, Bob Colomer, La globule dans la planche 47 qui reviennent telle une litanie dans les\u00a0 pens\u00e9es de l\u2019enqu\u00eateur. Dans la vignette 2 cadr\u00e9e et d\u2019ensemble, on y\u00a0 voit\u00a0 appara\u00eetre Colomer interpellant Nestor Burma. Dans la vignette 4, aussi cadr\u00e9e, La Globule, \u00a0dans son agonie, s\u2019agrippe \u00e0 celui-ci. De plus, nous rappelons que <em>120 Rue de la gare<\/em> est une bande dessin\u00e9e polar. Il convient de noter que tout b\u00e9d\u00e9iste du genre, privil\u00e9gie les \u00e9l\u00e9ments m\u00e9t\u00e9orologiques pour cr\u00e9er une ambiance propre aux codes de la bande dessin\u00e9e polar. Parmi les \u00e9l\u00e9ments, le climat\u00a0 occupe\u00a0 une place de choix, notamment la pr\u00e9sence du brouillard et de la neige associ\u00e9s \u00e0 la mort. Dans <em>Lib\u00e9ration<\/em>, paru le 08 Mars 1996, Fran\u00e7ois Rivi\u00e8re rend hommage \u00e0 L\u00e9o Malet\u00a0 en ces termes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Son cr\u00e9ateur, (\u2026) a introduit dans le polar fran\u00e7ais une po\u00e9sie nocturne de la ville<\/em><a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><em><strong>[17]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00a0\u00bb<\/em>. C\u2019est en ce sens que l\u2019on peut \u00e9voquer la po\u00e9sie urbaine dans l\u2019ensemble de la bande dessin\u00e9e. La pr\u00e9sence du brouillard dans le\u00a0 r\u00e9cit graphique conf\u00e8re \u00e0 celui-ci une ambiance brumeuse.\u00a0 N\u00e9anmoins, celle-ci est en relation avec la mort ou le crime. <em>De facto<\/em>, on peut \u00e9voquer les s\u00e9quences o\u00f9 Nestor Burma sort la nuit, s\u2019enfon\u00e7ant\u00a0 dans la rue brumeuse o\u00f9 celui-ci ne ressemble plus qu\u2019\u00e0 un point noir. Le b\u00e9d\u00e9iste convoque les nombreux panoramiques urbains dans la brume,\u00a0 de nuit\u00a0 qui conf\u00e8rent une dimension po\u00e9tique funeste. Ainsi, pour illustrer notre propos, la pr\u00e9sence du brouillard nocturne est sans conteste\u00a0 dans la vignette 3, fluviale \u00e0 la fois verticale et \u00a0panoramique : \u00ab\u00a0nous sommes\u00a0 retrouv\u00e9s dans le brouillard<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>\u00a0\u00bb, dit Nestor Burma avant son altercation avec un inconnu qui tombe, noy\u00e9 dans le l\u2019eau glac\u00e9e. La pr\u00e9sence du brouillard apporte une couleur sombre et funeste. Les images panoramiques des vignettes 3 de la planche 47 ou de la vignette 1 de la planche\u00a0 49 sont transperc\u00e9es par la lumi\u00e8re des lampadaires ici et l\u00e0, pour m\u00e9taphoriser la vie qui s\u2019en va.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">En outre, une s\u00e9quence rurale po\u00e9tique retiendra notre attention o\u00f9 la r\u00e9utilisation du clich\u00e9 m\u00e9t\u00e9orologique, notamment la neige en relation avec la mort. Jacques Tardi\u00a0 fait usage des chromatiques, des couleurs et\u00a0 des lumi\u00e8res\u00a0 ternes, pour signifier le noir, marqueur\u00a0 graphique de dramatisation\u00a0 de l\u2019intrigue tout comme le blanc de la neige qui apporte une touche po\u00e9tique \u00e0 la s\u00e9quence qui comprend les planches 132 \u00e0 137 incluse. Le cadre enneig\u00e9 participe d\u2019une po\u00e9tisation\u00a0 de l\u2019image en lien avec la\u00a0 mort. Ainsi, B\u00e9bert et Nestor Burma refont, \u00a0sous les flocons, le trajet du parcourt mortel de La Globule. Sur toile de fond, la neige tombante dans le bois pr\u00e8s de la Fert\u00e9-Combettes fonctionne \u00e0 l\u2019identique de la madeleine proustienne qui permet aux protagonistes de se mettre \u00e0 la place du mort. Ce cadre se pr\u00e9sente presque comme une parenth\u00e8se suspendu dans le temps, immobile g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la pr\u00e9sence neigeuse. Ainsi, tous deux s\u2019engagent vers un chemin bois\u00e9 blanc. Pour ce faire, les vignettes 5 et 6 de la planche 131 dans le cadre du champ-contrechamp sc\u00e9narisent les personnages face \u00e0\u00a0 un chemin enneig\u00e9. Au fond de l\u2019image, on identifie\u00a0 un hameau et une \u00e9glise dont sa tour domine l\u2019horizon telle une carte postale. De poursuivre, la vignette 1 de la planche 132\u00a0 est un panoramique descriptif\u00a0 sous la neige qui a pour objet le r\u00e9cit de B\u00e9bert qui revient sur l\u2019\u00e9pisode du 21 Juin 1940 , autrement dit la rencontre sanglante de La globule, gisant au sol dans les bois enneig\u00e9s\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je me souviens, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019ils nous ont regroup\u00e9s, il y un an\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><em><strong>[19]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em>, dit-il, \u00e0 Nestor Burma. De pr\u00e9ciser,\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a un \u00e9tang juste derri\u00e8re<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0\u00bb.\u00a0 B\u00e9bert retrouve\u00a0 un casque de G\u00e9nie\u00a0 dans le bois. Ainsi, indiqu\u00e9 dans la vignette\u00a0 4 de la\u00a0 planche 132,\u00a0 cadr\u00e9e, en plan plus rapproch\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0C\u2019est ici qu\u2019on \u00e9tait\u00a0! Dans ce bois, regarde. Je te raconte pas de salades, un casque de G\u00e9nie\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><em><strong>[21]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em>. Dans la planche 133, les trois premi\u00e8res vignettes verticales, en champ-contrechamp ont pour objet toujours B\u00e9bert et Burma\u00a0 qui s\u2019enfoncent dans le bois, en refaisant le trajet dudit d\u00e9funt. <em>\u00ab\u00a0<\/em><em>La Globule essayait\u00a0 de traverser le chemin en r\u00e2pant. Donc, sortait de ce bois\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><em><strong>[22]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em> avant de trouver la maison abandonn\u00e9e. \u00c0 ce moment pr\u00e9cis, le rythme ternaire des vignettes serr\u00e9es et cadr\u00e9es valorisent un cadre bucolique couvert de son \u00a0manteau blanc qui d\u00e9taille des branchages enneig\u00e9s\u00a0 tandis que\u00a0 les personnages\u00a0 traversent le bois en question. Ces images participent d\u2019une po\u00e9sie associ\u00e9e \u00e0 une dimension funeste. Un peu plus loin,\u00a0 apr\u00e8s la visite de la maison. De conclure, dans la planche 135\u00a0 tandis que la neige continuer de tomber\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Une trag\u00e9die s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e dans ce lieu sinistre tandis que\u00a0 qu\u2019alentour la guerre\u00a0 faisait\u00a0 rage. Le bruit de la cantonade et\u00a0 le tac-tac\u00a0 \u00a0des mitrailleuses avaient couvert\u00a0 les\u00a0 cris de douleur\u00a0 d\u2019un gangster\u00a0 soumis \u00e0 la torture\u00a0<\/em><a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><em><strong>[23]<\/strong><\/em><\/a><em>\u00bb<\/em>. Ainsi, le brouillard nocturne, la neige gagnent les s\u00e9quences \u00e0 l\u2019image d\u2019une \u00e9paisse chape de plomb o\u00f9 les personnages finissent par se perdre ou\u00a0 mourir. En outre, une image significative m\u00e9taphorise la mort, celle du train sous la neige tombante de la vignette 3 lat\u00e9rale, cadr\u00e9e, panoramique\u00a0 de la planche 137. Ainsi, empreinte de po\u00e9sie par la pr\u00e9sence des flocons blancs, celle-ci est aussi associ\u00e9e \u00e0 la trag\u00e9die de la seconde guerre mondiale. <em>\u00ab\u00a0Nous regagn\u00e2mes Ch\u00e2teau-du-Loir, juste\u00a0 temps\u00a0 pour prendre\u00a0 l\u2019autorail de Paris<\/em>\u00a0<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>\u00bb. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser au train de la d\u00e9portation, par essence est en relation avec \u00a0la mort.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Bande dessin\u00e9e polar sur toile de fond historique, celle-ci t\u00e9moigne de l\u2019ambiance funeste. De fait, les homicides, les tentatives d&rsquo;assassinat, les tortures qui scandent la narrativisation graphique confirment la pr\u00e9sence de la mort. On rappelle par ailleurs les motifs graphiques que sont la croix, le cercueil ou encore le climat m\u00e9t\u00e9orologique, le bouillard ou la neige qui fonctionnent comme des rep\u00e8res narratifs associ\u00e9s \u00e0 la mort qui participent de l\u2019intrigue polici\u00e8re. Du stalag, en passant par Lyon et Paris, les d\u00e9placements de Nestor Burma permettent de visualiser des sc\u00e8nes criminelles empruntent de violence et de mort. D\u00e8s lors, crime et, violence \u00e0 la fois pr\u00e9sente et, sugg\u00e9r\u00e9e, s\u2019enchev\u00eatrent : une association sp\u00e9cifique au genre du polar. Ainsi, revient-on toujours au 120 rue de la gare pour r\u00e9soudre l\u2019\u00e9nigme dont le crime par extension la mort d\u00e9marre dans un stalag. \u00c0 travers cette \u0153uvre graphique historico-polici\u00e8re, Jacques Tardi rend-t-il hommage \u00e0 L\u00e9o Malet en mettant en exergue son univers \u00e0 la fois dramatique, violent, funeste gr\u00e2ce \u00e0 une atmosph\u00e8re \u00e0 la fois po\u00e9tique, noire, bien valoris\u00e9e dans le r\u00e9cit graphique que Jacques Tardi a reproduit dans d\u2019autres \u0153uvres maletiennes adapt\u00e9es, dont parmi d\u2019autres, <em>Brouillard sur le pont de Tolbiac<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><strong>[25]<\/strong><\/a>,<\/em> r\u00e9cit qui s\u2019ouvre l\u00e0 encore, des suites du d\u00e9c\u00e8s de son ami, Albert Lenantais. \u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Bibliographie :<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Bonnemaison, Audrey, Fondan\u00e8che, Daniel, (2009), <em>Le polar, Id\u00e9es re\u00e7ues<\/em>, Le cavalier bleu, p.13.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">De\u00a0 Montaigne Michel, (1969), <em>Essais, Livre I<\/em>, Garnier-Flammarion, p. 128-129.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"http:\/\/catalogues.toulouse.fr\/web2\/tramp2.exe\/do_keyword_search\/A172d5sv.001?servers=1home&amp;index=AU&amp;material_filter=all&amp;language_filter=all&amp;location_filter=all&amp;location_group_filter=ALL&amp;date_filter=all&amp;query=Douvry%2C+Jean%2DFran%E7ois&amp;screen=hitlist.html\">Douvry, Jean-Fran\u00e7ois<\/a>, (1988), <a href=\"http:\/\/catalogues.toulouse.fr\/web2\/tramp2.exe\/do_keyword_search\/A172d5sv.001?servers=1home&amp;index=TI&amp;material_filter=all&amp;language_filter=all&amp;location_filter=all&amp;location_group_filter=ALL&amp;date_filter=all&amp;query=Rendez%2Dvous+120%2C+rue+de+la+gare+%3A&amp;screen=hitlist.html\"><em>Rendez-vous 120, rue de la gare : autopsie d&rsquo;une adaptation<\/em><\/a>, Bruxelles, Casterman.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Genette, G\u00e9rard, (1984), <em>Palimpsestes<\/em>, <em>La litt\u00e9rature au second degr\u00e9<\/em>, Paris, Seuil, p. 395.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Jankelevitch, Vladimir, <em>La Mort<\/em>, Paris, Flammarion, 1966, 426 p. (Nouvelle Biblioth\u00e8que Scientifique.)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Lebrun, Michel, (1987), <em>Le guide du polar fran\u00e7ais,<\/em> Paris, Syros la d\u00e9couverte,1987.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Malet L\u00e9o, (2011), <em>120, rue de la gare<\/em>, Paris, Pocket.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">&#8211;\u00a0; (1988), La Vache enrag\u00e9e\u00a0(autobiographie),\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ho\u00ebbeke\">Ho\u00ebbeke<\/a>,\u00a0p.\u00a0180-181.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Peeters, Beno\u00eet, (2010), <em>Lire la bande dessin\u00e9e<\/em>, Champs arts.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Perolini C\u00e9dric, (2005), L\u00e9o Malet y Jacques Tardi. <em>Gansgterera<\/em>, 1\u00e8re s\u00e9rie, n\u00b0 3, 2005, p. 13- 19. <a href=\"http:\/\/polars.ouvaton.org\/malet-bio.htm\">http:\/\/polars.ouvaton.org\/malet-bio.htm<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Petit Maryse, Menegaldo, (2010), (dir.), <em>Mani\u00e8res de noir : la fiction polici\u00e8re contemporaine<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Porret, Mich\u00e8le, (2009), <em>Objectif bulles. Bande dessin\u00e9e et histoire<\/em>, Gen\u00e8ve, Georg, Collection L\u2019Equinoxe, 2009, 214\u00a0p.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Tardi Jacques, (2014), <em>120 rue de la gare<\/em>, Casterman, Paris.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">&#8211;\u00a0;\u00a0 (1996), <a href=\"http:\/\/catalogues.toulouse.fr\/web2\/tramp2.exe\/do_keyword_search\/A172d5sv.001?servers=1home&amp;index=TI&amp;material_filter=all&amp;language_filter=all&amp;location_filter=all&amp;location_group_filter=ALL&amp;date_filter=all&amp;query=120+%5BCent+vingt%5D%2C+rue+de+la+gare+%2F&amp;screen=hitlist.html\"><em>120, rue de la gare <\/em>\u00a0<em>d&rsquo;apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet <\/em>; adaptation et dessin de Tardi<\/a>, Tournai, Casterman,1996, 190 p.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>Jacques Tardi est un auteur de bandes dessin\u00e9es et\u00a0 illustrateur\u00a0 fran\u00e7ais de renom\u00a0 qui a re\u00e7u de\u00a0 nombreuses\u00a0 r\u00e9compenses\u00a0 dont trois\u00a0 autres pris de festival\u00a0 d\u2019Angoul\u00eame, deux pris Max et Moritz (Allemagne )\u00a0 et deux prix Eisner\u00a0 aux \u00c9tats-Unis. Il est surtout c\u00e9l\u00e8bre pour les aventures extraordinaires d\u2019<em>Ad\u00e8le Blanc-Bec<\/em>, s\u00e9rie inspir\u00e9e par le roman feuilleton de la Belle \u00c9poque, son travail sur la Premi\u00e8re guerre mondiale (C\u2019\u00e9tait<em> la guerre des tranch\u00e9es<\/em>)\u00a0 et ses adaptations\u00a0 des romans de L\u00e9o Malet dont la s\u00e9rie Nestor Burma<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2212\u2212\u2212<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Jank\u00e9l\u00e9vitch, Vladimir, <em>La Mort (B-139)<\/em>, Paris, Flammarion, 1966, (Nouvelle Biblioth\u00e8que Scientifique.), <em>La Mort<\/em> (B-139), p. 52. C&rsquo;est nous qui soulignons.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> De Montaigne, Michel, <em>Essais, Livre I<\/em>, Garnier-Flammarion, 1969, p. 128-129.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>Malet L\u00e9o, Le<em> Dernier train d\u2019Austerlitz<\/em>, prologue, t. 4, p. 652.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Malet L\u00e9o, <em>120, rue de la Gare<\/em>, premi\u00e8re partie, ch. I, t. 1, p. 4.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Tardi Jacques, <em>120 rue de la gare, d\u2019apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet<\/em>, Casterman, Paris, 2014, vignettes 2 et 4 de la planche 17.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a><em>Ibid.\u00a0;<\/em> \u00a0vignettes\u00a0 de la planche 17.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette\u00a0 4 de la planche 17.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>L\u00e9o Malet a \u00a0rencontr\u00e9\u00a0 son r\u00e9dacteur en chef, Colomer, qui l\u2019a h\u00e9berg\u00e9 temporairement \u00e0 Paris, l\u2019a introduit dans les milieux de la Commune libre de Montmartre et, lui \u00a0fait obtenir son premier engagement au cabaret <em>La Vache Enrag\u00e9e.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Tardi Jacques, <em>120 rue de la gare, d\u2019apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet<\/em>, Casterman, Paris, 2014, vignettes 2 et 3 de la planche 135.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignettes circulaires incrust\u00e9es de la planche 134.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette 4 de la planche 135.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 derni\u00e8re vignette, planche 135.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/catalogues.toulouse.fr\/web2\/tramp2.exe\/do_keyword_search\/A172d5sv.001?servers=1home&amp;index=AU&amp;material_filter=all&amp;language_filter=all&amp;location_filter=all&amp;location_group_filter=ALL&amp;date_filter=all&amp;query=Douvry%2C+Jean%2DFran%E7ois&amp;screen=hitlist.html\">Douvry, Jean-Fran\u00e7ois<\/a>, <a href=\"http:\/\/catalogues.toulouse.fr\/web2\/tramp2.exe\/do_keyword_search\/A172d5sv.001?servers=1home&amp;index=TI&amp;material_filter=all&amp;language_filter=all&amp;location_filter=all&amp;location_group_filter=ALL&amp;date_filter=all&amp;query=Rendez%2Dvous+120%2C+rue+de+la+gare+%3A&amp;screen=hitlist.html\"><em>Rendez-vous 120, rue de la gare : autopsie d&rsquo;une adaptation<\/em><\/a>, Bruxelles, Casterman, 1988, p.10.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Tardi Jacques, <em>120 rue de la gare, d\u2019apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet<\/em>, Casterman, Paris, 2014, derni\u00e8re vignette, planche 20.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> <em>Lib\u00e9ration<\/em>, le 08 Mars 1996, Fran\u00e7ois Rivi\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Tardi Jacques, <em>120 rue de la gare, d\u2019apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet<\/em>, Casterman, Paris, 2014, vignette 3, planche 72.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette 1, planche 132.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette 1, planche 132.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette 4, planche 132.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 trois premi\u00e8res vignettes de la planche 133.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 derni\u00e8re vignette, planche 135.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> <em>Ibid.\u00a0;<\/em>\u00a0 vignette 3, planche 137.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Tardi Jacques<em>, Brouillard au pont de Tolbiac,<\/em>\u00a0 <em>d\u2019apr\u00e8s le roman de L\u00e9o Malet<\/em>, \u00a0Casterman, Paris, 1982.<\/span><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-left\"><a href=\"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1480?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/carnet-critique.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1480?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/carnet-critique.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Jacques Tardi [1] \u00a0est l\u2019auteur de nombreuses adaptations maletiennes dont 120 Rue de la gare. 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