{"id":1466,"date":"2023-07-11T23:30:47","date_gmt":"2023-07-11T21:30:47","guid":{"rendered":"https:\/\/carnet-critique.com\/?p=1466"},"modified":"2024-04-13T05:55:27","modified_gmt":"2024-04-13T03:55:27","slug":"la-tentative-de-suicide-de-bouvard-et-pecuchet-entre-le-comique-et-le-serieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/2023\/07\/11\/la-tentative-de-suicide-de-bouvard-et-pecuchet-entre-le-comique-et-le-serieux\/","title":{"rendered":"LA TENTATIVE DE SUICIDE DE BOUVARD ET P\u00c9CUCHET\u00a0: Entre le comique et le s\u00e9rieux"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Le chapitre VIII est l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres de <em>Bouvard et P\u00e9cuchet <\/em>(1880). On peut y identifier une curieuse inversion de la position occup\u00e9e par les idiots suppos\u00e9s et les spectateurs suppos\u00e9s de la b\u00eatise : les deux personnages de farce, qui avaient \u00e9t\u00e9 les protagonistes de d\u00e9sordres dignes d\u2019un <em>Laurel and Hardy<\/em>, commencent eux-m\u00eames \u00e0 \u00eatre g\u00ean\u00e9s par la b\u00eatise des habitants de Chavignolles. Ensuite vient le passage largement cit\u00e9 par la critique, dans lequel tous deux d\u00e9veloppent la \u00ab pitoyable facult\u00e9 \u00bb de \u00ab voir la b\u00eatise et de ne plus la tol\u00e9rer \u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que Bouvard et P\u00e9cuchet \u00e9prouvent une souffrance d\u2019une profondeur psychologique jusqu\u2019alors peu exploit\u00e9e dans le roman, et dont l\u2019aggravation aboutit \u00e0 une tentative \u00e9chou\u00e9e de suicide. Dans ce bref essai, on cherche \u00e0 comprendre l\u2019apparente contradiction entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la gravit\u00e9 de tels \u00e9v\u00e9nements et, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, le fait que, malgr\u00e9 tout, il ne serait sans doute pas exag\u00e9r\u00e9 de lire ce chapitre comme \u00e9tant l\u2019un des plus dr\u00f4les du livre. Selon notre hypoth\u00e8se, une telle coexistence en tension, \u00e9galement identifiable par d\u2019autres moyens dans des romans comme <em>Madame Bovary<\/em> (1857), renvoie \u00e0 quelque chose qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rappel\u00e9e : le roman r\u00e9aliste ne peut \u00eatre vu comme une suppression totale du comique. Le rire survit dans les th\u00e8mes, les descriptions et m\u00eame dans le style, ce qui peut renforcer le r\u00e9alisme plut\u00f4t que le contraire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Un roman en farce.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Quand en 1872 Flaubert pr\u00e9sente le projet de Bouvard et P\u00e9cuchet \u00e0 Edma Roger de Genettes, l\u2019auteur lui dit qu\u2019il veut faire \u00ab une esp\u00e8ce d\u2019encyclop\u00e9die critique en farce \u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Ici, nous n\u2019aborderons pas la partie relative \u00e0 l\u2019encyclop\u00e9die critique, d\u00e9j\u00e0 largement comment\u00e9e et analys\u00e9e par plusieurs chercheurs, mais surtout ce que le roman aurait \u00e0 voir avec les genres comiques, surtout le th\u00e9\u00e2tre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Faisons premi\u00e8rement un bref r\u00e9sum\u00e9 du chapitre VIII. Il commence par deux bonshommes qui s\u2019essaient \u00e0 la gymnastique, ce qui donne lieu \u00e0 de nombreuses sc\u00e8nes hilarantes. Le tilleul tomb\u00e9 dans le jardin, des manches \u00e0 balais, des cordes partout, des morceaux de bois transform\u00e9s en halt\u00e8res&#8230; les deux amis s\u2019inspirent de leurs manuels pour construire les engins les plus \u00e9tranges, sans qu\u2019aucun ne fonctionne correctement, ce qui se v\u00e9rifie toujours par une chute, une glissade ou quelque chose qui leur \u00e9chappe des mains. Nous sommes dans le burlesque : ce sont des personnages de farce qui \u00e9chouent de fa\u00e7on ridicule comme des clowns, avec tout un comique visuel de gestes et de mouvements exag\u00e9r\u00e9s. Lass\u00e9s de gymnastique, et apr\u00e8s une effroyable exp\u00e9rience avec des tables tournantes \u2013 autre th\u00e8me qui a fait l\u2019objet de plusieurs ouvrages comiques \u00e0 l\u2019\u00e9poque, du journal Charivari aux po\u00e8mes et vaudevilles \u2013 ils d\u00e9cident alors de s\u2019aventurer dans le magn\u00e9tisme. Manipulant les fluides magn\u00e9tiques selon les prescriptions des manuels, Bouvard et P\u00e9cuchet incarnent le vieux type comique du m\u00e9decin charlatan \u2013 quoique bien intentionn\u00e9 \u2013 soumettent une foule de patients \u00e0 des formes gu\u00e9rison les plus diverses, toutes se soldant bien s\u00fbr par un \u00e9chec.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Le type comique du faux savant est courant dans la tradition fran\u00e7aise, largement exploit\u00e9 dans les satires de Moli\u00e8re, l\u2019un des auteurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de Flaubert : souvenons-nous des pulv\u00e9risations de lavage sur le visage dans <em>Le Malade Imaginaire <\/em>(1673), ou encore des d\u00e9bats caricaturaux\u00a0 entre m\u00e9decins dans <em>L\u2019Amour M\u00e9decin <\/em>(1665). Dans <em>La Jalousie de Barbouill\u00e9 <\/em>(1660), le mari d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 demande conseil au Docteur que, par son titre, il consid\u00e8re comme un savant, un homme galant\u00a0; il \u00e9coute ensuite son long discours o\u00f9 il se dit \u00ab dix fois Docteur \u00bb, \u00ab un Docteur universel \u00bb : \u00ab je contiens en moi tous les autres Docteurs \u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Lorsque Bouvard et P\u00e9cuchet commencent \u00e0 exp\u00e9rimenter le magn\u00e9tisme, les habitants de Chavignolles consid\u00e8rent eux aussi Bouvard et P\u00e9cuchet comme des savants, m\u00eame s\u2019ils ne savent pas trop pourquoi. Or cette impression ne dure pas longtemps : \u00ab mais ces messieurs dont la biblioth\u00e8que \u00e9tait c\u00e9l\u00e8bre, connaissaient un secret \u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, pensent le p\u00e8re et la m\u00e8re Gouy quand, encore un peu m\u00e9fiants, ils appellent les deux magn\u00e9tiseurs pour sauver la vie de leur vache qui souffre de s\u00e9v\u00e8res coliques caus\u00e9es par des flatulences.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Commun dans les farces fran\u00e7aises du XVIIe si\u00e8cle, le personnage du \u00ab Docteur \u00bb de la pi\u00e8ce de Moli\u00e8re est apparu pour la premi\u00e8re fois en Italie en 1560 sous le nom de <em>Il Dottore<\/em>, l\u2019un des masques de la <em>Commedia Dell\u2019Arte<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup><strong>[5]<\/strong><\/sup><\/a><\/em>. Comme le montre Maurice Sand, le <em>Docteur<\/em> est membre de l\u2019Acad\u00e9mie de la Crusca et vient de Bologne, o\u00f9 se trouvaient les principales universit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. Son caract\u00e8re comique r\u00e9side dans le fait qu\u2019il a l\u2019air d\u2019un \u00e9rudit, qu\u2019il est un docteur de quelque chose, mais stupide, na\u00eff ou charlatan ; en somme, quelqu\u2019un qui ne ma\u00eetrise pas vraiment les connaissances qu\u2019il est cens\u00e9 avoir. Le <em>Docteur<\/em> est \u00ab philosophe, astronome, grammairien, rh\u00e9toricien, cabaliste, diplomate. Il parle de tout, d\u00e9cide de tout, mais, bien qu\u2019il ait examin\u00e9 fort longtemps, il ne sait absolument rien \u00bb<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Autrement dit : on rit parce que la langue gonfl\u00e9e, apparemment scientifique, savante ou sage, n\u2019est rien d\u2019autre que de la poudre aux yeux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">De cette fa\u00e7on, quand Flaubert dit vouloir faire une encyclop\u00e9die en farce, on peut prendre l\u2019affirmation au pied de la lettre : loin d\u2019\u00eatre seul dans sa d\u00e9rision des savants modernes, l\u2019auteur peut \u00eatre plac\u00e9 dans une tradition comique et populaire qui, depuis des centaines d\u2019ann\u00e9es, se moque des hommes qui manipulent un langage technique sans vraiment le ma\u00eetriser, ou qui s\u2019appr\u00eatent \u00e0 la r\u00e9alisation de proc\u00e9d\u00e9s qui ne fonctionnent pas. Il y a, en r\u00e9sum\u00e9, une tradition comique de la b\u00eatise dans laquelle l\u2019on peut identifier des \u00e9l\u00e9ments de continuit\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9crivain r\u00e9aliste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">En voici d\u2019autres exemples. Le magn\u00e9tisme th\u00e9matis\u00e9 dans le chapitre VIII fait \u00e9galement l\u2019objet de pi\u00e8ces comiques, comme les vaudevilles controvers\u00e9s <em>Les Docteurs Modernes<\/em> et <em>Du Baque de Sant\u00e9<\/em>, de Jean-Baptiste Radet et Pierre-Yves Barr\u00e9, tous deux repr\u00e9sent\u00e9s en 1784 \u00e0 la Com\u00e9die-Italienne<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Ces pi\u00e8ces ont les m\u00eames personnages principaux, le Docteur et Cassandre, des m\u00e9decins charlatans qui s\u2019unissent pour offrir aux habitants de la ville le spectacle de la gu\u00e9rison par la magn\u00e9tisation. Dans la premi\u00e8re pi\u00e8ce, lorsque les p\u00e9rip\u00e9ties autour de la r\u00e9union des deux amis se m\u00ealent \u00e0 l\u2019intrigue amoureuse entre Isabelle et L\u00e9andre, on retrouve purement ces exp\u00e9rimentations absurdes et dr\u00f4les, sans intrigue plus \u00e9labor\u00e9e. Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce on voit tous les figurants autour du baque de sant\u00e9 (un grand bassin pouvant magn\u00e9tiser plusieurs personnes \u00e0 la fois), et les deux faux m\u00e9decins profitent de l\u2019argent des patients sans aucune morale au final. L\u2019humour est surtout visuel. On peut citer comme exemple la sc\u00e8ne o\u00f9 le Procureur cherche de l\u2019aide pour gu\u00e9rir sa migraine, quand le <em>Docteur<\/em>, venant \u00e0 son secours, tente de le magn\u00e9tiser en lui touchant le front. Cassandre a alors l\u2019id\u00e9e de lui offrir un coucou magn\u00e9tis\u00e9. Quand trois heures sonnent et que le coucou fait son bruit strident, le pauvre Procureur crie de douleur, suivi d\u2019un refrain de vaudeville chant\u00e9 par tous les personnages (\u00ab aie, aie, aie, la t\u00eate ! \/ la t\u00eate, aie, aie, aie ! \u00bb<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>), avec l\u2019argument que \u00ab\u00a0quand la douleur augmente \/ C\u2019est bon signe pour la sant\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Chez <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em> il y a une sc\u00e8ne similaire : apr\u00e8s s\u2019\u00eatre rendu \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que \u00ab\u00a0l\u2019addigitation nasale\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, celle-l\u00e0 m\u00eame que le Docteur avait d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9e, ne fonctionne pas forc\u00e9ment, ils pensent \u00e0 cr\u00e9er un baque de sant\u00e9, une id\u00e9e \u00e9cart\u00e9e en raison du risque que des femmes prennent \u00ab des acc\u00e8s d\u2019\u00e9rotisme furieux \u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, ce qui exasp\u00e8re P\u00e9cuchet. Lorsque la n\u00e9vrose de l\u2019estomac de Migraine s\u2019aggrave, tous deux tentent de le soigner avec un harmonica : \u00ab Les sons cristallins l\u2019exasp\u00e8rent. Mais Deleuze ordonne de ne pas s\u2019effrayer des plaintes, la musique continue. \u2018Assez ! assez\u00a0! criait-il. \u2013 Un peu de patience\u2019 \u00bb \u2013 on voit la m\u00eame sc\u00e8ne comique bas\u00e9e sur l\u2019insistance d\u2019un traitement absurde qui ne fait qu\u2019aggraver le probl\u00e8me du patient \u2013 \u200b\u200b\u00ab P\u00e9cuchet tapotait plus vite sur les lames de verre, et l\u2019instrument vibrait, et le pauvre homme hurlait (&#8230;) \u00bb<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Si l\u2019on se limite \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la publication du roman, les \u0153uvres qui se pr\u00eatent au m\u00eame exercice de comparaison sont abondantes. Dans le Journal Charivari de mai 1853, on lit une courte chronique sur les tables qui se mettent \u00e0 danser toutes seules au milieu de la nuit<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> ; dans Le Rire d\u2019avril 1902, on retrouve l\u2019histoire d\u2019un homme qui se fait voler lors d\u2019une s\u00e9ance de tables tournantes<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. En 1868, Adrien Decourcelle publie <em>Les Formules du Docteur Gr\u00e9goire<\/em> (1868)<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><em><strong>[15]<\/strong><\/em><\/a>, un dictionnaire comique proche de celui de Flaubert (et de bien d\u2019autres \u00e0 l\u2019\u00e9poque<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>), pr\u00e9tendument r\u00e9dig\u00e9 par un m\u00e9decin. Il existe aussi quelques pi\u00e8ces particuli\u00e8rement int\u00e9ressantes sur le sujet, parmi lesquelles citons-en trois : <em>Les M\u00e9diums de Gonesse<\/em> (1865)<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> d\u2019Alfred Duru et Henri Chivot, une \u00ab\u00a0folie-myst\u00e9rioso-magn\u00e9tico-spirite\u00a0\u00bb, dans laquelle le professeur Marcoussis s\u2019inscrit \u00e0 une session de spiritisme avec d\u2019autres professeurs de l\u2019acad\u00e9mie, tous finissant par \u00eatre tromp\u00e9s par un prestidigitateur ; <em>La Table Tournante<\/em> (1853)<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>, de Champfleury et d\u2019Eug\u00e8ne de Mirecourt, \u00ab exp\u00e9rience de magn\u00e9tisme en un acte \u00bb, dans laquelle Monsieur Challamel se voit en savant visionnaire, qui r\u00eave de prix acad\u00e9miques, mais est ridiculis\u00e9 par tous ceux qui le croient fou ; et finalement <em>La Femme \u00e9lectrique<\/em> (1846)<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, de Jules Cordier et Clairville, folie-vaudeville dans lequel le m\u00e9decin Monsieur Rondard pr\u00e9pare un r\u00e9gime bizarre pour magn\u00e9tiser Coquillot, afin de le marier \u00e0 sa fille d\u00e9j\u00e0 magn\u00e9tis\u00e9e. Parmi les pi\u00e8ces auxquelles nous avons eu acc\u00e8s, ce sont celles-ci qui se rapprochent le plus de <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>, puisque chez elles les docteurs, physiciens ou magn\u00e9tiseurs ne sont pas des charlatans conscients mais cr\u00e9dules de leurs exp\u00e9riences. Dans les trois cas, nous avons des messieurs d\u2019\u00e2ge moyen qui se croient des g\u00e9nies, parlant un langage pseudo-scientifique inintelligible et qui finiront eux aussi tromp\u00e9s \u00e0 la fin des pi\u00e8ces. Vaniteux et obs\u00e9d\u00e9s, quoique na\u00effs, ces personnages peuvent \u00eatre compris comme une sorte de version comique du scientifique fou. D\u2019une certaine mani\u00e8re, nous sommes face \u00e0 une mise \u00e0 jour moderne du <em>Docteur<\/em>, un type qui peut facilement englober Bouvard et P\u00e9cuchet.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">M\u00eame s\u2019il n\u2019est pas possible de savoir si Flaubert a lu ces pi\u00e8ces, dont aucune trace n\u2019est \u00e0 trouver ni dans sa correspondance ni dans sa biblioth\u00e8que, son admiration pour Moli\u00e8re et d\u2019autres auteurs de satires, comme Voltaire ou Cyrano de Bergerac, est bien connue. Son obsession pour le th\u00e9\u00e2tre est \u00e9galement connue, une question qui a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e en profondeur par Allan Rait et qui attire de plus en plus l\u2019attention de la critique. Comme Rait le souligne \u00e0 juste titre, les lecteurs de Flaubert seront peut-\u00eatre surpris de constater que l\u2019auteur s\u2019int\u00e9resse intens\u00e9ment \u00e0 ce genre depuis l\u2019enfance, \u00e9crivant des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre et y jouant, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 porter des costumes et de fabriquer des billets pour leurs pr\u00e9sentations<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. D\u00e9j\u00e0 adulte, il passe des journ\u00e9es enti\u00e8res \u00e0 \u00e9crire des pi\u00e8ces avec ses amis, notamment Bouilhet. Et on ne peut s\u2019emp\u00eacher de se souvenir de ses pi\u00e8ces publi\u00e9es : <em>Le Candidat<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><strong>[21]<\/strong><\/a><\/em>, une com\u00e9die mise en sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre du Vaudeville en 1874, et <em>Le Ch\u00e2teau des C\u0153urs<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><strong>[22]<\/strong><\/a><\/em>, une f\u00e9erie comique co\u00e9crite avec Bouilhet et le Comte D\u2019Osmoy. Comme le montrent les \u00e9tudes r\u00e9centes de Marshall Olds<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a> et de Lea Pennarola<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, Flaubert avait un projet personnel de f\u00e9erie, celui-l\u00e0 bien diff\u00e9rent de celui men\u00e9 avec ses amis. Selon ses brouillons, on peut constater le d\u00e9sir de remplacer le fantastique traditionnel des f\u00e9es et des gnomes par un fantastique moderne, qui comprendrait des sc\u00e8nes sur le magn\u00e9tisme. La volont\u00e9 de produire une satire avec des \u00e9l\u00e9ments scientifiques, sorte de parodie fantastique de la sagesse moderne, transpara\u00eet clairement dans ces documents. Comme le soutient Marshall Olds, ce sont des projets qui anticipent ce que Flaubert fera plus tard dans son roman inachev\u00e9. <a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">En g\u00e9n\u00e9ral, quand on pense \u00e0 Flaubert, on ne pense pas \u00e0 un auteur comique. Il suffit de rappeler le c\u00e9l\u00e8bre chapitre d\u2019Erich Auerbach<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a> consacr\u00e9 au roman moderne dans lequel le style de l\u2019auteur se caract\u00e9rise par le traitement s\u00e9rieux de la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne ; ou encore, pour donner un autre exemple, le chapitre de Franco Moretti \u00ab Serious Century \u00bb<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a> dans lequel le style indirect libre flaubertien est consid\u00e9r\u00e9 comme le d\u00e9veloppement le plus sophistiqu\u00e9 du style s\u00e9rieux dans le roman. En soulignant le caract\u00e8re comique de Bouvard et P\u00e9cuchet, on n\u2019a pas l\u2019ambition de nier le s\u00e9rieux de ses \u0153uvres, mais plut\u00f4t de montrer que le rire a sa place dans la litt\u00e9rature s\u00e9rieuse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>La place du comique dans la <em>litt\u00e9rature s\u00e9rieuse<\/em>.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin du chapitre, quand on en vient \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la philosophie que la temp\u00e9rature burlesque du roman semble baisser : pris dans des contradictions insolubles, dans des r\u00e9ponses qui ne les convainquent pas, Bouvard et P\u00e9cuchet n\u2019arrivent plus \u00e0 donner de sens \u00e0 leurs \u00e9tudes. Lorsqu\u2019ils essaient de partager leurs lectures avec les habitants de Chavignolles, les citoyens n\u2019y comprennent rien et se mettent \u00e0 les calomnier, ce qui d\u00e9veloppe dans leur esprit \u2013 nous citons \u00e0 nouveau le passage le plus c\u00e9l\u00e8bre du chapitre \u2013 la \u00ab pitoyable facult\u00e9 \u00bb de \u00ab voir la b\u00eatise et de ne plus la tol\u00e9rer \u00bb. Isol\u00e9s dans la ville, l\u2019incompr\u00e9hension intensifie leur solitude ; le suicide appara\u00eet alors comme la seule issue. Ils h\u00e9sitent cependant au dernier moment, faute d\u2019avoir r\u00e9dig\u00e9 leur testament :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Et P\u00e9cuchet fut pris de col\u00e8re, ou plut\u00f4t de d\u00e9mence. Bouvard aussi. Ils criaient \u00e0 la fois tous les deux, l\u2019un irrit\u00e9 par la faim, l\u2019autre par l\u2019alcool. La gorge de P\u00e9cuchet n\u2019\u00e9mettait plus qu\u2019un r\u00e2le.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u2014 C\u2019est infernal, une vie pareille ; j\u2019aime mieux la mort. Adieu \u2013<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Il prit le flambeau, tourna les talons, claqua la porte.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Bouvard, au milieu des t\u00e9n\u00e8bres, eut peine \u00e0 l\u2019ouvrir, courut derri\u00e8re lui, arriva dans le grenier.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">La chandelle \u00e9tait par terre, et P\u00e9cuchet debout sur une des chaises, avec le c\u00e2ble dans sa main.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">L\u2019esprit d\u2019imitation emporta Bouvard \u2013 \u201cAttends-moi !\u201d Et il montait sur l\u2019autre chaise, quand, s\u2019arr\u00eatant tout \u00e0 coup :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u2014 Mais\u2026 nous n\u2019avons pas fait notre testament.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u2014 Tiens ! c\u2019est juste.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Des sanglots gonflaient leur poitrine. Ils se mirent \u00e0 la lucarne pour respirer.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">L\u2019air \u00e9tait froid, et des astres nombreux brillaient dans le ciel noir comme de l\u2019encre. La blancheur de la neige qui couvrait la terre se perdait dans les brumes de l\u2019horizon.<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Que le suicide puisse \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re comique, voil\u00e0 quelque chose qui n\u2019est pas du nouveau ; il y a des \u00e9tudes qui retrouvent ce sujet dans la com\u00e9die romaine<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>, ou du <em>Satyricon<\/em> de P\u00e9trone \u00e0 quelques \u0153uvres contemporaines<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>, pour n\u2019en citer que quelques exemples. Inutile d\u2019aller aussi loin : pensons bri\u00e8vement aux dessins anim\u00e9s, dans lesquels il n\u2019est pas rare qu\u2019un personnage, pouss\u00e9 par le d\u00e9sespoir, se tire une balle dans la t\u00eate ou se jette dans un pr\u00e9cipice. Ou le vieux th\u00e8me du suicide par d\u00e9sespoir amoureux, dont on a une prolif\u00e9ration des jeunes amoureux qui remontent \u00e0 Aristophane, en passant par les pi\u00e8ces de Moli\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 P\u00e9p\u00e9 le Putois. Dans la sc\u00e8ne ci-dessus, nous pouvons voir des \u00e9l\u00e9ments de la farce : les deux personnages se battent, l\u2019un ivre et l\u2019autre affam\u00e9, et ce dernier n\u2019\u00e9met plus qu\u2019un \u00ab r\u00e2le \u00bb avec sa gorge. La raison de l\u2019h\u00e9sitation \u2013 le fait qu\u2019ils n\u2019avaient pas r\u00e9dig\u00e9 de testament \u2013 est tout de m\u00eame dr\u00f4le : les deux hommes, c\u00e9libataires, n\u2019ont pas d\u2019h\u00e9ritiers. Enfin, l\u2019h\u00e9sitation elle-m\u00eame rend le rire possible, car le mal ne se mat\u00e9rialise pas : la conception aristot\u00e9licienne de la com\u00e9die est reprise, dans laquelle le comique peut \u00eatre qualifi\u00e9 de mal sans destruction.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">C\u2019est une des raisons pour lesquelles on peut rire des amants de Moli\u00e8re qui menacent et feignent de se suicider, ou des personnages de dessins anim\u00e9s qui se tirent une balle dans la t\u00eate, sautent des falaises, se pendent : rien ne se passe. Tout est possible dans un dessin parce qu\u2019il n\u2019y a pas de cons\u00e9quences \u2013 il en va de m\u00eame pour les genres comiques, comme la farce, et une grande partie de ce qui se passe dans <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em> : les chutes et les glissades, les malades mourants, la nourriture qui les intoxique, les animaux qui deviennent des cobayes scientifiques (et bien d\u2019autres exemples), toutes ces sc\u00e8nes ont en commun une forme de violence qui ne semble faire de mal \u00e0 personne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Cependant, m\u00eame s\u2019il est possible d\u2019identifier une telle proximit\u00e9 avec des \u00e9l\u00e9ments comiques de la farce, et m\u00eame si le suicide ne se concr\u00e9tise pas, la souffrance des deux bonshommes est d\u00e9crite avec une profondeur qui manque aux personnages burlesques que nous avons mentionn\u00e9s plus haut. On peut noter que les derni\u00e8res phrases du passage sont \u00e9crites dans un registre qui n\u2019a rien de comique. L\u2019air froid, les nombreuses \u00e9toiles brillantes dans le ciel noir comme de l\u2019encre, la neige blanche perdue dans la brume, et les deux amis que se rafra\u00eechissent dans la lucarne : la description de l\u2019espace sert \u00e0 repr\u00e9senter l\u2019\u00e9tat int\u00e9rieur des personnages, le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 que Auerbach a expos\u00e9 \u00e0 propos de <em>Madame Bovary<\/em> dans <em>Mimesis<\/em> comme particuli\u00e8re au roman moderne. La m\u00e9lancolie de Bouvard et P\u00e9cuchet est peinte de l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 travers la froideur et l\u2019obscurit\u00e9 de l\u2019espace, tout comme l\u2019amertume d\u2019Emma Bovary \u00ab lui semblait servie sur son assiette \u00bb<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>, \u00e9voqu\u00e9e par la description d\u2019un d\u00eener banal avec son mari. Encore une fois en termes aristot\u00e9liciens, la tension est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e dans la mesure o\u00f9 le r\u00e9alisme donn\u00e9 \u00e0 la psychologie des personnages provoque l\u2019identification, la piti\u00e9, de fa\u00e7on qu\u2019on est invit\u00e9 \u00e0 contempler leur souffrance ; le d\u00e9tachement comique, ainsi, sinon compl\u00e8tement rompu, est du moins mis en \u00e9chec. Si nous connaissions la puissance de l\u2019amour de P\u00e9p\u00e9 le Putois comme nous connaissons celui de Werther, peut-\u00eatre ne ririons-nous pas si l\u00e9g\u00e8rement quand la chatte rejette le pauvre opossum. Dans <em>Le Rire<\/em>, Bergson pr\u00e9sente ainsi une id\u00e9e similaire : \u00ab Le comique exige donc enfin, pour produire tout son effet, quelque chose comme une anesth\u00e9sie momentan\u00e9e du c\u0153ur \u00bb<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Pour qu\u2019on puisse rire, il faut alors suspendre la sensibilit\u00e9, car la piti\u00e9 emp\u00eache l\u2019humour.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Il est donc possible d\u2019identifier deux effets contradictoires dans ce passage : si d\u2019une part on peut voir la proximit\u00e9 de <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em> avec des genres comiques, le traitement s\u00e9rieux que re\u00e7oit la souffrance des personnages, au moins dans cette sc\u00e8ne, est en contradiction avec le rire que le roman avait produit jusque-l\u00e0. En d\u2019autres termes, on peut identifier l\u2019in\u00e9vitable tension produite par l\u2019incorporation d\u2019\u00e9l\u00e9ments de la farce au genre romanesque.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">On pourrait r\u00e9sumer cette tension d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s simple : la farce n\u2019est pas s\u00e9rieuse, cependant le roman moderne a le s\u00e9rieux comme un caract\u00e8re inh\u00e9rent \u00e0 son genre. Dans un essai r\u00e9cent, le critique Paolo Tortonese revient sur le c\u00e9l\u00e8bre chapitre de <em>Mimesis <\/em>d\u2019Auerbach \u00e0 propos du roman moderne, \u00ab A l\u2019h\u00f4tel de La Mole \u00bb, pour s\u2019attarder sur la pr\u00e9sence du rire dans des \u0153uvres d\u2019auteurs tels Balzac et Flaubert. En r\u00e9sum\u00e9, si \u00ab le caract\u00e8re s\u00e9rieux du roman de m\u0153urs moderne correspond \u00e0 la consid\u00e9ration non comique d\u2019un sujet traditionnellement trait\u00e9 par la com\u00e9die \u00bb<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>, dans quelle mesure l\u2019humour que l\u2019on peut trouver chez ces auteurs invaliderait-il la th\u00e8se du critique allemand ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Tortonese revient alors \u00e0 la th\u00e9orie aristot\u00e9licienne du comique comme repr\u00e9sentation d\u2019un mal qui ne d\u00e9truit pas, en la rapprochant de la notion bourgeoise d\u2019<em>efficacit\u00e9<\/em>. Par une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Franco Moretti, le critique souligne la force du lien entre ce terme et l\u2019id\u00e9e de s\u00e9rieux. En termes g\u00e9n\u00e9raux, si l\u2019efficacit\u00e9 est bris\u00e9e, si le bourgeois \u00e9choue dans son entreprise, il cesse d\u2019\u00eatre s\u00e9rieux et devient une figure ridicule. Ce serait pour cette raison, par exemple, que l\u2019op\u00e9ration rat\u00e9e d\u2019Hyppolite devient \u00ab une chose grave quand on voit l\u2019effrayante efficacit\u00e9 dans les cons\u00e9quences permanentes qu\u2019elle produit \u00bb. Le critique conclut alors que \u00ab c\u2019est l\u2019inefficacit\u00e9 du mal qui permet de rire \u00bb<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Une telle id\u00e9e fonctionne parfaitement quand on pense \u00e0 <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em> : c\u2019est l\u2019inefficacit\u00e9 de leurs \u00e9tudes et de leurs exp\u00e9rimentations qui est le principal moteur du comique de l\u2019\u0153uvre ; c\u2019est apr\u00e8s tout ce qui chez eux fait \u00e9cho au faux savant de la farce. La tentative de suicide, dans ce qu\u2019elle a de comique, peut aussi \u00eatre pens\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re de cette id\u00e9e : le fait qu\u2019elle ne se mat\u00e9rialise pas, a fortiori pour des raisons aussi sottes, compose le caract\u00e8re ridicule de la sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u00c0 la fin de \u00ab \u00c0 l\u2019h\u00f4tel de La Mole \u00bb, c\u2019est Auerbach lui-m\u00eame qui dit : le style de Flaubert serait constitu\u00e9 par un \u00ab s\u00e9rieux foncier et objectif \u00bb, de telle sorte que \u00ab les choses parlent d\u2019elles-m\u00eames et se d\u00e9signent elles-m\u00eames, selon leur valeur, comme tragiques ou comiques, et dans la plupart des cas comme tragiques et comiques \u00e0 la fois \u00bb<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Autrement dit, le roman moderne se caract\u00e9rise non par un d\u00e9passement ou une suppression du comique, mais par la coexistence de ces deux termes, qui se pr\u00e9sentent au lecteur \u00e0 partir d\u2019une organisation interne \u00e0 l\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame, et non \u00e0 partir d\u2019une s\u00e9paration traditionnelle qui dicte, de l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur, ce qui doit \u00eatre vu comme tragique et ce qui doit faire rire. Le si\u00e8cle bourgeois est, selon les termes de Franco Moretti, le si\u00e8cle s\u00e9rieux ; mais le si\u00e8cle s\u00e9rieux est aussi, comme le rappelle bien Tortonese, le si\u00e8cle qui se moque des bourgeois<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><strong>Le rire rabelaisien<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Le passage des comices agricoles dans <em>Madame Bovary<\/em> illustre \u00e0 quel point le rire \u00e9tait un probl\u00e8me majeur pour Flaubert. Le long et p\u00e9nible processus de composition de cette sc\u00e8ne est connu des critiques. Et une grande partie de la difficult\u00e9 \u00e9tait d\u00fbe \u00e0 l\u2019ambition d\u2019un \u00e9quilibre parfait entre comique et s\u00e9rieux. \u00ab Ce n\u2019est qu\u2019en m\u00ealant le comique au s\u00e9rieux que tu es arriv\u00e9 \u00e0 faire une sc\u00e8ne l\u00e9gitime et amusante, surtout \u00bb<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>, \u00e9crit Bouilhet \u00e0 son ami en 1863. Il faut porter son attention sur le choix des adjectifs : c\u2019est le m\u00e9lange du comique et du s\u00e9rieux qui cr\u00e9e une sc\u00e8ne non seulement \u00ab\u00a0amusante\u00a0\u00bb, mais aussi \u00ab\u00a0l\u00e9gitime\u00a0\u00bb \u2013 le rire n\u2019exclut pas, mais compl\u00e8te, une repr\u00e9sentation \u00ab l\u00e9gitime \u00bb de la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab Il faut \u00e9crire les dialogues dans le style de la com\u00e9die et les narrations avec le style de l\u2019\u00e9pop\u00e9e. \u00bb <a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>, \u00e9crit Flaubert \u00e0 Louise Colet. \u00ab Il faut que \u00e7a hurle par l\u2019ensemble, qu\u2019on comprenne \u00e0 la fois des beuglements de taureaux, des soupirs d\u2019amour et des phrases d\u2019administrateurs \u00bb<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>\u00a0; il faut, en d\u2019autres termes, rire et s\u2019\u00e9mouvoir en m\u00eame temps, comprendre le ridicule en tant que tel, mais aussi comprendre la gravit\u00e9 de ce m\u00eame ridicule \u2013 comprendre, en somme, les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses que la b\u00eatise produit dans la vie humaine. C\u2019est un r\u00e9alisme qui oscille entre rire et ne pas rire. Mais notons une chose importante : dans le r\u00e9alisme flaubertien, avec ou sans rire, il n\u2019y a jamais de d\u00e9passement du ridicule ou de la b\u00eatise. Comique ou s\u00e9rieux, il semble \u00eatre un fait incontournable de la condition humaine.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Une telle tension entre le comique et le s\u00e9rieux dans la sc\u00e8ne des comices agricoles trouve un \u00e9cho vibrant chez <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>. Quand on pense \u00e0 <em>Madame Bovary<\/em>, on peut dire que l\u2019\u00e9quilibre qui oscille entre le s\u00e9rieux et le comique penche beaucoup plus vers le premier terme dans ce roman. Dans ma th\u00e8se de doctorat en cours, je soutiens que la tension entre les deux termes trouve son apog\u00e9e dans le roman inachev\u00e9 de Flaubert. Et on peut dire qu\u2019il y a, de la part de l\u2019auteur, la volont\u00e9 consciente de la mener jusqu\u2019aux derni\u00e8res cons\u00e9quences. A propos du <em>Dictionnaire des id\u00e9es re\u00e7ues<\/em>, ouvrage dont le livre est issu, Flaubert \u00e9crit \u00e0 son ami Bouilhet en 1850 qu\u2019il aimerait \u00e9crire une pr\u00e9face absolument s\u00e9rieuse, qui aurait \u00ab\u00a0le but de rattacher le public \u00e0 la tradition, \u00e0 l\u2019ordre, \u00e0 la convention g\u00e9n\u00e9rale, et qui serait arrang\u00e9e de telle mani\u00e8re que le lecteur ne sache pas si on se fout de lui, oui ou non\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>. D\u00e8s 1874, lorsque Tourgueneff lui demande pourquoi il n\u2019a pas transform\u00e9 son id\u00e9e en nouvelle, Flaubert soutient que le roman long a une fonction :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u00a0s\u2019il est trait\u00e9 bri\u00e8vement, d\u2019une fa\u00e7on concise\u00a0&amp;\u00a0l\u00e9g\u00e8re, ce sera une\u00a0fantaisie\u00a0plus ou plus [moins] spirituelle, mais\u00a0<span style=\"text-decoration: line-through;\">[im]<\/span>\u00a0sans port\u00e9e &amp; sans vraisemblance, tandis qu\u2019en d\u00e9taillant &amp; d\u00e9veloppant, j\u2019aurai l\u2019air de croire \u00e0 mon histoire \u2013 &amp; on peut faire une chose s\u00e9rieuse &amp; m\u00eame effrayante.<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">Une \u0153uvre dont le lecteur ne sait pas si on se fout de lui, un roman dans lequel l\u2019auteur a \u00ab l\u2019air de croire \u00bb dans son r\u00e9cit ; la recherche de quelque chose qui oscille entre le s\u00e9rieux et le non s\u00e9rieux est \u00e9vidente. Si Flaubert se soucie de convaincre le lecteur qu\u2019il croit en son histoire, c\u2019est peut-\u00eatre parce que le caract\u00e8re burlesque de l\u2019ouvrage est cens\u00e9 donner le sentiment que tout n\u2019est qu\u2019une plaisanterie. Ainsi, \u00e0 consid\u00e9rer Bouvard et P\u00e9cuchet comme une repr\u00e9sentation fid\u00e8le de la r\u00e9alit\u00e9, quelque chose d\u2019\u00ab effrayant \u00bb se produit : la prise de conscience que cette farce, si ridicule, si dr\u00f4le, repr\u00e9sente le monde tel qu\u2019il est\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0fait peur. Si, selon les termes de Bergson, le comique exige une \u00ab anesth\u00e9sie du c\u0153ur \u00bb, que se passerait-il si, au milieu de toute la violence de la farce, l\u2019organe revenait soudain ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">La r\u00e9ponse la plus \u00e9vidente est : la personne arr\u00eaterait probablement de trouver cela dr\u00f4le, et on serait alors dans le domaine du \u00ab comique arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, le comique qui ne fait pas rire \u00bb\u00a0; c\u2019est l\u2019effet que l\u2019auteur a dit vouloir cr\u00e9er, dans une lettre \u00e0 Louise Colet, \u00e0 propos de <em>Madame Bovary<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\"><strong>[42]<\/strong><\/a><\/em>. Pourtant, le jeune Flaubert d\u00e9crit bri\u00e8vement un rire diff\u00e9rent \u00e0 propos de Rabelais<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>, un autre de ses auteurs favoris, et d\u2019une fa\u00e7on particuli\u00e8rement \u00e9clairante pour penser le comique chez Bouvard et P\u00e9cuchet, qui est sensiblement different du comique chez <em>Madame Bovary<\/em>. Dans le court essai consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9crivain de la Renaissance, Flaubert soutient que la force de son \u0153uvre r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9noncer \u00ab des abus, des ridicules, des crimes \u00bb d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9cadente, d\u00e9j\u00e0 au bord de l\u2019extinction. \u00ab Le monde \u00e9tait farce \u00bb, \u00e9crit l\u2019auteur, \u00ab Et il l\u2019a tourn\u00e9 en farce \u00bb<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>. Autrement dit, c\u2019est comme si l\u2019exag\u00e9ration burlesque de Rabelais avait pour fonction de r\u00e9v\u00e9ler le caract\u00e8re burlesque du monde r\u00e9el lui-m\u00eame. On voit donc comment le comique \u2013 et aussi le rire \u2013 serait ici au service d\u2019une repr\u00e9sentation fid\u00e8le de la r\u00e9alit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\">\u00c0 la fin de son essai, Flaubert dit qu\u2019en d\u00e9pit de la R\u00e9forme et de la R\u00e9volution, la farce subsiste jusqu\u2019\u00e0 son \u00e9poque : \u00ab Et tant que vous n\u2019aurez pas combl\u00e9 cet \u00e9ternel gouffre b\u00e9ant que l\u2019homme a en lui, je me moque de vos efforts, et je ris \u00e0 mon aise de vos mis\u00e9rables sciences qui ne valent pas un brin d\u2019herbe\u00a0\u00bb. Et c\u2019est ainsi que se termine son texte : \u00ab si le po\u00e8te pouvait cacher ses larmes et se mettre \u00e0 rire, je vous assure que son livre serait le plus terrible et le plus sublime qu\u2019on ait fait \u00bb<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. On observe ainsi une curieuse inversion de la maxime aristot\u00e9licienne : le rire n\u2019appara\u00eet pas lorsqu\u2019il y a l\u2019absence de cons\u00e9quences, mais plut\u00f4t lorsque les cons\u00e9quences atteignent leur puissance maximale ; quand, finalement, il n\u2019y a plus de solution. C\u2019est un rire de g\u00e9ant, un rire rabelaisien qui se moque de l\u2019autodestruction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dans ses derniers souffles. Il en reconna\u00eet le s\u00e9rieux \u2013 le po\u00e8te pleure et doit cacher ses larmes \u2013 mais cela n\u2019exclut nullement le comique ; dans l\u2019inversion que nous signalons, on peut dire que c\u2019est lui-m\u00eame qui le produit. Le comique, m\u00eame \u00e0 l\u2019extr\u00eame, fait encore rire : et ainsi on rit des \u00e9checs successifs des deux bonshommes, m\u00eame quand on comprend qu\u2019ils r\u00e9v\u00e8lent quelque chose d\u2019obscur sur la b\u00eatise humaine, m\u00eame quand la souffrance engendr\u00e9e par l\u2019\u00e9chec et le manque de communication peut provoquer un v\u00e9ritable d\u00e9sir de mourir. La farce survit dans le roman de Flaubert, mais avec un rire d\u2019une autre nature, qu\u2019il ne faut pas confondre avec le rire d\u2019amusement provoqu\u00e9 par les vaudevilles \u00e9voqu\u00e9s ici. Sa critique de Rabelais montre non seulement la vision de l\u2019auteur sur la com\u00e9die, mais r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement un projet esth\u00e9tique dont <em>Bouvard et P\u00e9cuchet <\/em>semble \u00eatre la derni\u00e8re expression.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Gustave Flaubert, <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>, in <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em> (tome V), Paris, Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), 2021, p. 539.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Edma Roger de Genettes, Croisset, 19 aout 1872. Les lettres de Flaubert (envoy\u00e9es et re\u00e7ues) sont cit\u00e9es d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9dition num\u00e9rique de sa correspondance, \u00e9tablie par Yvan Leclerc et Danielle Girard sur le site de l\u2019Universit\u00e9 de Rouen (<a href=\"https:\/\/flaubert.univ-rouen.fr\/correspondance\/edition\/\">https:\/\/flaubert.univ-rouen.fr\/correspondance\/edition\/<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023]).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Moli\u00e8re, <em>La Jalousie du Barbouill\u00e9<\/em>, in\u00a0<em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em>, Tome II, Paris, Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), 2010, p. 1077.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Flaubert, <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, 513.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Maurice Sand, <em>Masques et Bouffons (Com\u00e9die Italienne)<\/em>, Tome II, Paris, A. L\u00e9vy Fils, 1862, p. 27-28. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k319204f\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k319204f<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Sand, <em>Masques et Bouffons<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 28.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Jean-Baptiste Radet et Pierre-Yves Barr\u00e9, <em>Les docteurs modernes : com\u00e9die-parade en 1 acte et en vaudevilles ; suivie du Baquet de sant\u00e9 : divertissement analogue m\u00eal\u00e9 de couplets, <\/em>Paris, chez Brunet, rue de Marivaux, place de la Com\u00e9die italienne, 1784. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k841523\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k841523<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Radet et Barr\u00e9, <em>Du Baquet de Sant\u00e9<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 65.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 63.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Flaubert, <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, 512.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> <em>Ibid., <\/em>p. 512.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 513.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k30588199\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k30588199<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k6264343c\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k6264343c<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Adrien Decourcelle, Les formules du docteur Gr\u00e9goire (Dictionnaire du Figaro), Paris, J. Hetzel, 1868. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k9756507c\">https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k9756507c<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Voir l\u2019\u00e9dition n\u00b0 19 de la Revue Flaubert, <em>Flaubert, le <\/em>Dictionnaire<em> et les dictionnaires <\/em>(dir. Biagio Maggauda), 2021.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Alfred Duru et Henri Chivot, <em>Les M\u00e9diums de Gonesse<\/em>, <em>Folie mysterioso-magn\u00e9tico-spirite, <\/em>Paris, E. Dentu, 1865. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/\">https:\/\/books.google.fr\/<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Champfleury et Eug\u00e8ne de Mirecourt, <em>La table tournante, exp\u00e9rience de magn\u00e9tisme, en un acte, m\u00eal\u00e9e de couplets<\/em>, Paris, Librairie Th\u00e9\u00e2trale, 1853. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/\">https:\/\/books.google.fr\/<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Jules Cordier et Clairville, La femme \u00e9lectrique : folie-vaudeville en un acte, in <em>R\u00e9pertoire de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise <\/em>Vol. 14, Bruxelles, Lelong, 1846. Disponible sur le site <a href=\"https:\/\/books.google.fr\/\">https:\/\/books.google.fr\/<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Allan Rait, \u00ab\u00a0The theatre in the work of Gustave Flaubert\u00a0\u00bb, in <em>The Cambridge Companion to Flaubert<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p. 196.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Gustave Flaubert, <em>Le Candidat<\/em>, in <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em> (tome IV), Paris, Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), 2021.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Gustave Flaubert, <em>Le Ch\u00e2teau des C\u0153urs<\/em>, in <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em> (tome IV), Paris, Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), 2021.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Marshall Olds, <em>Au Pays des Perroquets<\/em>, Amsterdan \u2013 Atlanta, Rodopi, 2001. Voir les chapitres 1 et 2.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> L\u00e9a Caminiti Pennarola, \u00ab\u00a0Le genre de la f\u00e9erie dans le th\u00e9\u00e2tre de Flaubert\u00a0\u00bb, In : <em>Flaubert et la th\u00e9orie litt\u00e9raire : En hommage \u00e0 Claudine Gothot-Mersch<\/em> [en ligne], Bruxelles, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Saint-Louis, 2005. Disponible sur le site <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/pusl\/21865\">http:\/\/books.openedition.org\/pusl\/21865<\/a> [consult\u00e9 le 31 mai 2023].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Voir Olds, <em>op. cit.<\/em>, chapitre 2.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Erich Auerbach, \u00ab\u00a0A l\u2019h\u00f4tel de la Mole\u00a0\u00bb, In <em>Mim\u00e9sis\u00a0: la repr\u00e9sentation de la r\u00e9alit\u00e9 dans la litt\u00e9rature occidentale<\/em>, Paris, Gallimard, 1977.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Franco Moretti, \u00ab\u00a0Serious Century \u00bb, in <em>The Novel, Volume 1 : History, Geography, and Culture, <\/em>Princeton, Princeton University Press, 2006.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> Flaubert, <em>Bouvard et P\u00e9cuchet<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 542.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Marilynn J. Smith, \u201cCondemned to Survival: The Comic Unsuccessful Suicide\u201d, in <em>Comparative Literature Studies<\/em>, vol. 17, no. 1, 1980, pp. 26\u201332.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Dorota Dutsch, \u201cGenre, Gender, and Suicide Threats in Roman Comedy\u201d, in <em>The Classical World<\/em>, <em>105<\/em>(2), 2012, p. 187\u2013198.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Flaubert, <em>Madame Bovary<\/em>, apud Auerbach, <em>op. cit.<\/em>, p. 478, 1977.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Henri Bergson, <em>Le Rire : essai sur la signification comique<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France (PUF), 1940, p. 4.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Paolo Tortonese, \u00ab Em busca da completude: O burgu\u00eas entre o c\u00f4mico e o s\u00e9rio \u00bb, in <em>Revista Novos Estudos<\/em>, 2021, p. 194. (notre traduction)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Tortonese, \u00ab Em busca da completude: O burgu\u00eas entre o c\u00f4mico e o s\u00e9rio \u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 200. (notre traduction)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> Auerbach, <em>Mimesis<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 486.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> Tortonese, \u00ab Em busca da completude: O burgu\u00eas entre o c\u00f4mico e o s\u00e9rio \u00bb, <em>op. cit.<\/em>, p. 194.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> Lettre de Louis Bouilhet \u00e0 Flaubert, Mantes, 19 juin 1863.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Louise Colet, Croisset, 30 septembre 1853.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Louise Colet, Croisset, 12 octobre 1853.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Louis Bouilhet, Damas, 4 septembre 1850.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Ivan Tourgueneff, Dieppe,\u00a029\u00a0juillet\u00a01874.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> Lettre de Flaubert \u00e0 Louise Colet, Croisset, 8 mai 1852.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> Gustave Flaubert, <em>Etude sur Rabelais<\/em>, in <em>\u0152uvres Compl\u00e8tes<\/em> (tome II), Paris, Gallimard (Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), 2021.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 534.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Book Antiqua, Palatino; font-size: 12pt;\"><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 536.<\/span><\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-left\"><a href=\"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1466?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/carnet-critique.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1466?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/carnet-critique.com\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chapitre VIII est l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres de Bouvard et P\u00e9cuchet (1880). On peut y identifier une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1958,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","om_disable_all_campaigns":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[65],"tags":[],"class_list":["post-1466","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-maria-elisa-perez-pagan"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/carnet-critique.com\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Capture-decran-le-2024-04-12-a-23.54.05.png","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1466","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1466"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1466\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1496,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1466\/revisions\/1496"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1958"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1466"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1466"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/carnet-critique.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1466"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}